Homélie sur la divine Transfiguration - de St Ephrem le Syrien

 

Du champ, la réjouissance de la moisson; de la vigne les fruits délectables; et des divines Écritures, l'enseignement vivifiant. Le champ a un temps pour la moisson, la vigne a un temps pour la vendange, mais l'Écriture lue en tout temps répand un enseignement vivifiant. Le champ reste nu après la moisson, la vigne est amoindrie après la vendange; mais l'Écriture est chaque jour moissonnée, et les épis de ce qui est interprété en elle ne manquent pas; chaque jour elle est vendangée, et en elle, les grappes de l'espérance ne s'épuisent pas.

Approchons-nous donc de ce champ, jouissons de ses ruisseaux vivifiants, et moissonnons en elle des épis de vie, les paroles de Notre Seigneur Jésus Christ, qui dit à ses disciples : "Quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point qu'ils n'aient vu le Fils de l'homme venir dans son règne (Mt. 16, 28), et "Six jours après, Jésus prit avec Lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les conduisit à l'écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux; son Visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière" (Mt 17,1-2). Les hommes dont Il avait dit qu'ils ne verront pas la mort jusqu'à ce qu'ils voient la marque de sa venue sont ceux qu'Il a pris et emmenés sur la montagne; et il leur a montré comment Il viendrait au dernier jour, dans la Gloire de sa Divinité et dans le Corps de son humanité.

Il les conduisit sur la montagne pour leur montrer qui est le Fils. En effet, quand il leur avait demandé que disent les hommes qu'est le Fils de l'homme, ils lui dirent : "Les uns Élie, les autres Jérémie ou l'un des prophètes." C'est pourquoi Il les a conduit sur la montagne et leur a montré qu'Il n'est pas Élie, mais le Dieu d'Élie; ni Jérémie mais Celui qui a sanctifié Jérémie dans le ventre de sa mère; ni l'un des prophètes, mais le Seigneur des prophètes, celui qui les a envoyés et qui leur a montré qu'Il est le Créateur du ciel et de la terre, qu'Il est le Seigneur des vivants et des morts. En effet, Il commanda au ciel et il a fait descendre Élie; Il fit signe à la terre et elle a attiré Moïse. Il les conduisit sur la montagne, pour leur montrer qu'Il est le Fils de Dieu, Celui qui est né du Père avant les siècles, et dernièrement incarné de la Vierge, comme Lui le sait, enfanté sans semence et ineffablement, en gardant la virginité incorruptible. En effet, là où Dieu veut, l'ordre de la nature est vaincu; car Dieu le Verbe a demeuré dans le ventre de la Vierge, et le feu de sa Divinité n'a pas brûlé les membres du corps de la Vierge, mais Il l'a même protégée durant les neuf mois. Il a demeuré dans le ventre de la Vierge sans exécrer la mauvaise odeur de sa nature, et c'est d'elle qu'Il provint comme Dieu incarné, pour nous sauver. Il les conduisit sur la montagne pour leur montrer la Gloire de la Divinité et pour leur faire connaître que c'est Lui le Rédempteur d'Israël, comme Il l'a déclaré par les prophètes et pour qu'ils ne soient pas troublés en voyant sa Passion volontaire, qu'Il allait souffrir humainement pour nous. Car ils le connaissaient comme homme fils de Marie, les fréquentant dans le monde; et leur fit savoir qu'Il est Fils de Dieu. Ils l'ont vu manger, boire, se fatiguer, se reposer, avoir sommeil, dormir, avoir peur, transpirer, toutes choses qui ne s'accordaient pas à la nature de sa Divinité, mais seulement à son humanité. Et c'est pourquoi Il les a emmenés sur la montagne, afin que le Père appelle le Fils, et leur montre qu'Il est en vérité son Fils et Dieu. Il les conduisit sur la montagne, et leur a montré sa Royauté avant sa Passion, sa Puissance avant sa mort, sa Gloire avant son blâme, et son Honneur avant son déshonneur, afin que, lorsqu'il serait saisi et crucifié par les Juifs, ils sachent qu'Il n'a pas été crucifié par faiblesse, mais par sa Bienveillance, volontairement, pour le salut du monde. Il les a emmenés sur la montagne et leur a montré la Gloire de sa Divinité avant sa Résurrection, afin que lorsqu'il ressusciterait des morts dans la Gloire de sa nature divine, ils sachent qu'Il n'a pas reçu la Gloire pour sa peine, comme un pauvre, mais qu'elle était sienne avant les siècles en le Père, et avec le Père, comme Il l'a dit en allant vers la Passion volontaire : "Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de Toi-même de la Gloire que j'avais auprès de Toi avant que le monde fût." (Jn 17,5).

C'était donc cette Gloire de sa Divinité non manifestée et cachée dans son humanité qu'il a démontrée a ses apôtres sur la montagne, car ils virent son Visage briller comme un éclair et ses vêtements blancs comme la lumière. Les disciples voyaient deux soleils; un dans le ciel comme d'habitude, et un autre contraire à l'habitude. L'un qui leur apparaît et qui éclaire le monde dans le firmament, et l'autre qui fait apparaître à eux seuls son Visage. "Ses vêtements étaient blancs comme la lumière"; Il a montré que la gloire de sa Divinité jaillissait de tout son corps et que, de tous les membres de son Corps brillait la lumière. En effet, sa Chair ne luisait pas d'une beauté extérieure comme Moïse, mais c'est de lui-même que jaillissait la Gloire de sa Divinité. Sa lumière parut, et se rassembla en lui-même; En effet, elle ne l'a pas quitté pour aller à un autre lieu, car si elle était venue d'ailleurs pour l'embellir, elle aurait été inutile. Et Il n'a pas déployé tout l'abîme de sa Gloire, mais seulement autant qu'en pouvait contenir la dimension des pupilles de leurs yeux.

Et "voici Moïse et Élie leur apparurent, s'entretenant avec Lui." (Mt. 17,3). Et telles étaient les paroles qu'ils échangeaient : ils Lui rendaient grâce, car leurs paroles, et celles de tous les prophètes avec eux, ont été accomplies en sa Présence. Ils Lui firent une prosternation pour le salut qu'Il a opéré pour le monde, - le genre humain - et parce que le mystère qu'eux-mêmes ont peint, Lui l'accomplit en oeuvres. La joie envahit les prophètes et les apôtres en cette ascension sur la montagne. Les apôtres se réjouirent de voir la Gloire de sa Divinité, qu'ils ne connaissaient pas, et d'écouter la Voix du Père rendant témoignage du Fils et à travers elle, ils connurent sa Divinité qui était cachée pour eux. Et, avec la Voix du Père, la Gloire apparue de son corps, venue de la Divinité unie avec celui-ci, sans changement et sans confusion, les a convaincus.

Et le témoignage des Trois a aussi été confirmé par la Voix paternelle, à Moïse et à Élie qui se tenaient près de Lui comme des serviteurs, et ils se voyaient les uns les autres. Les prophètes voyaient les apôtres, et les apôtres les prophètes. Là, ils se virent les uns les autres, les chefs de l'Ancien Testament [virent] ceux du Nouveau Testament. Moïse le saint vit Simon sanctifié. L'économe du Père vit l'épitrope du Fils. L'un déchira la mer pour faire passer un peuple à travers les vagues; l'autre dressa une tente pour bâtir l'Église. Le Vierge de l'Ancien Testament vit le Vierge du Nouveau Testament : Élie et Jean. Celui qui monta sur le char de feu vit celui qui se pencha sur la poitrine de feu. Et la montagne devint le modèle de l'Église; sur elle, Jésus a uni les deux Testaments que l'Église a reconnus; et Il nous a fait connaître que c'est le deuxième qui a révélé la Gloire de ses Oeuvres. Simon dit : "Seigneur, il est bon que nous soyons ici" (Mt. 17,4). Ô Simon, que dis-tu ? Si nous demeurons ici, qui accomplira la parole des prophètes ? Qui confirmera la parole des prédicateurs ? Qui achèvera les mystères des justes ? Si nous restons ici, pour qui s'accomplira le "Ils ont percé mes mains et mes pieds" (Ps. 21,19) ? À Qui s'accordera le "ils se sont partagés mes vêtements, ils ont tiré au sort ma tunique" (Ps. 21,19) ? A qui arrivera le "ils m'ont donné pour nourriture du fiel, pour étancher ma soif, ils m'ont abreuvé de vinaigre" (Ps. 68,22) ? Qui affirmera le "libre parmi les morts" (Ps 87,5) ? Si nous restons ici, qui déchirera la créance d'Adam ? Et qui acquittera sa dette ? Qui lui restituera le vêtement de gloire ? Si nous restons ici, comment se réalisera tout ce que j'ai dit ? Comment l'Église sera-t-elle bâtie ? Comment recevras-tu de moi les clefs du Royaume des Cieux ? Que lieras-tu ? Que délieras-tu (Mt. 18,18) ? Si nous restons ici, tout ce qu'on dit les prophètes tardera.

Il dit encore : "Je dresserai ici trois tentes, une pour Toi, une pour Moïse, et une pour Élie" (Mt 17,4). Simon a été envoyé pour bâtir l'Église dans le monde, et il veut rester ici pour dresser des tentes sur la montagne; en effet, il voyait encore Jésus humainement et le plaça au même rang que Moïse et Élie. Et aussitôt Il lui montra qu'Il n'avait pas besoin de sa tente. C'est en effet Lui qui a créé à ses pères une tente de nuage dans le désert. "Comme Il parlait encore, une nuée lumineuse les couvrit" (Mt 17,5). Vois-tu, Simon, une tente faite sans peine ? Une tente qui protège de la brûlure, et qui n'a pas d'obscurité ? Une tente resplendissante et lumineuse. Et les disciples furent ébahis. "Et voici, une voix fit entendre de la nuée ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection : écoutez-le!" (Mt 17,5). À la Voix du Père, Moïse retourna à sa place, Élie rentra dans son pays, les apôtres tombèrent à terre, et Jésus resta seul debout, car ce n'est qu'en Lui que cette Voix trouvait son accomplissement. Les prophètes partirent et les apôtres tombèrent à terre car la voix du Père qui rendait témoignage n'était pas accomplie en eux. "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection : écoutez-le!" Le Père leur a enseigné que l'oeuvre de Moïse a été accomplie pour qu'ils obéissent désormais au Fils. En effet, celui-là, comme un serviteur - de même que tous les prophètes - a parlé de ce qui lui a été ordonné, et a prêché ce qui lui a été dit, jusqu'à ce qu'arrive ce qui était espéré, c'est-à-dire Jésus - qui est Fils et non congénère; Seigneur, et non esclave; Dominant et non dominé - dans la nature divine : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé". Et ce qui leur était caché, le Père le révéla aux apôtres. Celui qui est annonce Celui qui est; le Père révèle le Fils : à cette voix, "les disciples tombèrent à terre". En effet, ce fut comme un coup de tonnerre redoutable, si bien qu'à cause de sa Voix, la terre s'effraya, et ceux-ci tombèrent à terre. Elle leur montra que le Père s'est approché et que le Fils les a appelés de sa propre Voix, et les a relevés. En effet, comme la Voix du Père les a jetés à terre, ainsi la voix du Fils les a relevés dans la Puissance de sa Divinité, qui, demeurant dans sa propre Chair, est unie à elle sans changement, et toutes deux restent sans confusion, indivisiblement en une seule hypostase et une seule personne. Il n'est pas devenu beau extérieurement comme Moïse, mais, comme Dieu, Il resplendit dans sa Gloire. En effet, l'apparence du visage de Moïse fut revêtue de beauté, mais Jésus resplendit de tout son Corps dans la Gloire de sa Divinité, comme le soleil dans ses rayons. Et le Père cria : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection : écoutez-le!", non pas séparé de la Gloire du Fils de la Divinité, car le Père, le Fils, et le saint Esprit sont une nature, une puissance, une substance et un Règne, et par une Voix, il cria une parole parfaite, d'une Gloire redoutable.

Marie aussi l'appelait Fils, non pas séparé, en ce qui concerne le corps humain, de la Gloire de sa Divinité; car un seul est Dieu, apparu aux hommes dans un corps.

Sa Gloire a annoncé la Gloire divine venue du Père; et son Corps a annoncé sa gloire humaine venue de Marie. Les deux natures se réunissent en une seule hypostase. Fils unique du Père et Fils unique de Marie, quiconque se sépare de Lui sera séparé de son royaume, et quiconque confond ses natures perd sa vie; celui qui nie que Marie a enfanté Dieu ne voit pas la Gloire de sa divinité; et celui qui nie qu'Il porta une chair sans péché est rejeté du salut, et de la vie qui est donnée à travers sa chair. Tout cela témoigne - et ses puissances divines l'enseignent - à ceux qui ont le discernement, qu'Il est Dieu vrai; et sa Passion montre qu'Il est homme vrai. Et si les faibles en esprit ne s'informent pas, ils seront jugés au jour redoutable.

S'Il n'était pas chair, à quoi bon l'intermédiaire de Marie ? Et s'Il n'était pas Dieu, qui Gabriel appelait-il "Seigneur" ?

S'Il n'était pas chair, qui était couché dans la crèche ? Et s'Il n'était pas Dieu, les anges descendus, qui glorifiaient-ils ?

S'Il n'était pas chair, qui était enveloppé dans les langes ? Et s'Il n'était pas Dieu, qui les bergers adoraient-ils ?

S'Il n'était pas chair, qui Joseph circoncit-il ? Et s'il n'était pas Dieu, en l'honneur de qui l'étoile courait-elle dans le ciel ?

S'Il n'était pas chair, qui Marie allaitait-elle ? Et s'Il n'était pas Dieu, à qui les mages offrirent-ils des cadeaux ?

S'Il n'était pas chair, qui Siméon tenait-il dans ses bras ? Et s'il n'était pas Dieu, à qui disait-il : Tu me laisses m'en aller en paix (Lc 2,29) ?

S'Il n'était pas chair, en prenant qui Joseph s'enfuit-il en Égypte ? Et s'Il n'était pas Dieu, en qui s'accomplirait le "J'ai appelé mon Fils hors d'Égypte (Os 11,1) ?

S'Il n'était pas chair, qui Jean baptisa t-il ? Et s'Il n'était pas Dieu à qui le Père disait-Il : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis toute mon affection (Mt 3,17) ?

S'Il n'était pas chair, qui jeûnait et eut faim dans le désert ? Et s'Il n'était pas Dieu, qui les anges descendus servaient-ils ?

S'Il n'était pas chair, qui fut invité aux noces à Cana en Galilée ? Et s'Il n'était pas Dieu, qui changea l'eau en vin ?

S'Il n'était pas chair, dans les mains de qui les pains se trouvaient-ils ? Et s'Il n'était pas Dieu, qui rassasia les cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants, avec cinq pains et deux poissons ?

S'Il n'était pas chair, qui était assis dans la barque ? Et s'Il n'était pas Dieu, qui menaça le vent et la mer ?

S'Il n'était pas chair, avec qui Simon le Pharisien mangea t-il ? Et s'Il n'était pas Dieu, qui pardonna les péchés de la courtisane ?

S'Il n'était pas chair, qui était assis sur le puits, fatigué de marcher ? Et s'Il n'était pas Dieu, qui donna de l'eau vive à la Samaritaine, et qui décela qu'elle avait eu cinq maris ?

S'Il n'était pas chair, qui portait des vêtements d'homme ? Et s'Il n'était pas Dieu, qui faisait des prodiges et des miracles ?

S'Il n'était pas chair, qui cracha à terre pour en faire de la boue ? Et s'Il n'était pas Dieu, qui ouvrit des yeux avec la boue ?

S'Il n'était pas chair, qui pleurait au tombeau de Lazare ? Et s'Il n'était pas Dieu, qui ordonna au mort de quatre jours de sortir ?

S'Il n'était pas chair, qui s'assit sur l'ânon ? Et s'Il n'était pas Dieu, à la rencontre de qui la foule sortit avec gloire ?

S'Il n'était pas chair, qui les Juifs saisirent-ils ? Et s'Il n'était pas Dieu, qui commanda à la terre et les jeta face contre terre ?

S'Il n'était pas chair, qui reçut un soufflet ? Et s'Il n'était pas Dieu, qui guérit l'oreille coupée par Pierre et la remit à sa place ?

S'Il n'était pas chair, le visage de qui reçut-il des crachats ? Et s'Il n'était pas Dieu, qui souffla sur les apôtres pour qu'ils reçoivent le saint Esprit ?

S'Il n'était pas chair, qui se présenta devant Pilate dans le prétoire ? Et s'Il n'était pas Dieu, de qui la femme de Pilate eut-elle peur en songe ?

S'Il n'était pas chair, les vêtements de qui les soldats ont-ils enlevés et partagés ? Et s'Il n'était pas Dieu, comment le soleil s'obscurcit-il au moment de la crucifixion ?

S'Il n'était pas chair, qui était pendu sur la Croix ? Et s'Il n'était pas Dieu, qui fit trembler la terre de tous ses fondements ?

S'Il n'était pas chair, les mains et les pieds de qui les clous ont-ils transpercés ? Et s'Il n'était pas Dieu, comment le voile du temple se déchira t-il ? Comment les rochers se fendirent-ils et les sépulcres s'ouvrirent-ils ?

S'Il n'était pas chair, qui s'écria : "Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné" ? Et s'Il n'était pas Dieu, qui dit : "Père, pardonne-leur" ?

S'Il n'était pas chair, qui était pendu sur la Croix avec les larrons ? Et s'Il n'était pas Dieu, comment dit-Il au larron : "Aujourd'hui tu seras avec moi au paradis ?

S'Il n'était pas chair, à qui offrirent-ils du vinaigre et du fiel ? Et s'Il n'était pas Dieu, en entendant la voix de qui l'enfer s'effraya-t-il ?

S'Il n'était pas chair le côté de qui la lance a-t-elle piqué, en faisant jaillir du sang et de l'eau ? Et s'Il n'était pas Dieu, qui brisa les portes de l'enfer et en rompit les liens, et à l'ordre de qui les morts enfermés en sortirent ?

S'Il n'était pas chair, qui les apôtres virent-ils dans la chambre haute ? Et s'Il n'était pas Dieu, comment entra-t-Il les portes fermées ?

S'Il n'était pas chair, la marque des clous dans les mains et celle de la lance dans le côté, et que Thomas toucha, à qui étaient-elles ? Et s'Il n'était pas Dieu, à qui s'écria-t-il : "Mon Seigneur et mon Dieu" ?

S'Il n'était pas chair, qui mangea sur les bords du lac de Tibériade ? Et s'Il n'était pas Dieu, à l'ordre de qui le filet se remplit-il de poissons ?

S'Il n'était pas chair, qui les anges et les apôtres virent-ils monter au ciel ? Et s'Il n'était pas Dieu, pour qui le ciel s'ouvrit-il, qui les Puissances adorèrent-elles avec crainte, et pour qui le Père avait-Il dit : "Siège à ma droite, etc..." (Ps 109,1) ?

S'Il n'était pas Dieu et chair, notre salut est donc un mensonge, mensonge aussi alors la voix des prophètes.

Mais ce qu'ont dit les prophètes s'est réalisé, et leurs témoignages sont vrais. Pour tout ce qui a été ordonné, c'est le saint Esprit qui parlait par eux; c'est pourquoi Jean aussi, le pur et vierge - celui qui se pencha sur la poitrine de feu - en certifiant la voix des prophètes et parlant de Dieu dans l'Évangile, nous a enseigné en disant : "Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle. ( É) Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous" (Jn 1,1-3 et 14). De Dieu, Verbe Dieu, et du Père Fils unique, consubstantiel au Père, être de l'être, Verbe d'avant les siècles; né du Père sans mère ineffablement avant tous les siècles; lui-même, les derniers temps, enfanté par une fille d'homme, Marie la Vierge, sans père; Dieu incarné portant la chair par elle, et devenu homme, ce qu'Il n'était pas, pour sauver le monde.

Et Il est le Christ, le Fils de Dieu, Fils unique de Père, Fils unique aussi de mère. Je confesse le même Dieu parfait et homme parfait, reconnu en deux natures selon l'hypostase - c'est-à-dire la personne - unies indivisiblement, sans confusion, sans changement, revêtu de la chair animée, avec une âme raisonnable et mentale, devenu en tout notre compagnon de souffrance sauf le péché.

Lui-même, terrestre et éternel, passager et perpétuel, avec commencement et sans commencement, dans le temps et hors du temps, créé et non-créé, passible et impassible, Dieu et homme, parfait selon l'un et l'autre, un dans les deux et un en trois. Une personne du Père, une personne du Fils, et une personne du saint Esprit. Une seule divinité, une seule puissance, un seul Règne en trois personnes - c'est-à-dire hypostases. C'est ainsi que nous glorifions la sainte Unité en Trinité, la sainte Trinité en Unité. De cette manière, le Père cria depuis les cieux : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection : écoutez-le!"

Voilà ce que l'Église universelle de Dieu a reconnu, et c'est en cette sainte Trinité qu'Elle baptise pour la vie éternelle, c'est Elle qu'Elle confesse sans partage, inséparablement, et c'est Elle qu'Elle adore sans faillir, et qu'Elle confesse et glorifie. À cette Unité tri-hypostatique reviennent la gloire, l'action de grâce, l'honneur, le règne, la grandeur, au Père, au fils, et au saint Esprit, maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Amen.

 

Saint Ephrem le Syrien

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